JORGE BEN - Fôrça Bruta
Original.
En 1964, un coup d’Etat instaure une dictature militaire au Brésil. Face à la censure, à l’exil forcé, aux emprisonnements, la musique brésilienne se polarise : d’un côté les musiciens engagés tels que Caetano Veloso, Chico Buarque ou Gilberto Gil ; et de l’autre la musique commerciale et naïve de la » Jovem Guarda « , du ié-ié-ié, représentée par Roberto Carlos, Erasmo Carlos et Wanderléa.
Ben Jor n’étant ni politisé ni conformiste, il a du mal à trouver sa place sur la scène musicale. Ses disques suivants sont accueillis froidement par le public et la critique. Ironie du sort, à la même période, aux Etats-Unis, Jorge Ben Jor devient le premier brésilien à avoir une chanson en portugais dans le hit-parade américain : » Mas que nada » chanté par Sergio Mendes.
Ce disque au titre subtilement contradictoire à l’heure de la dictature en est le parfait exemple. Ça commence par un titre atomique, « Oba, là vem ela », cordes au cordeau, cuica raccord et voix au sommet. Et ça continue sur le même feeling avec « Ze Canjica », percussion en totale suspension, et « Charles Junior », guitare en lévitation.
Mais c’est sur la face B que se trouve le morceau de bravoure : « O Telefone Tocou Novamente », un truc de dingue dont vous savez dès la première seconde que vous danserez dessus toute votre vie.
