Ce disque enregistré au printemps 1964 (en deux séances, l’une fin avril, l’autre début juin). Disque sans doute moins charnière que Giant Steps ou A Love Supreme, Crescent n’en reste pas moins l’un des chefs-d’œuvre du saxophoniste, habité d’un lyrisme rarement égalé par le groupe. Il y a d’abord la matière apportée par Coltrane. Ses cinq compositions sont disposées en équilibre (entre deux ballades il glisse un blues énergique, puis termine avec un quasi appel à la prière, comme un passage vers A Love Supreme), et signent toute la puissance de son écriture. « Crescent », « Wise One », « Bessie’s Blues », « Lonnie’s Lament », « The Drum Thing ». Ces cinq-là ne souffrent aucune concession. Habités par une forme de blues « tranien » mélancolique, déchirant mais jamais résigné (on sent au contraire que le saxophoniste met toute son énergie à chercher, encore et encore), ces thèmes permettent au quartet de se sublimer. Interactions parfaites de l’un à l’autre, jeux subtils et jamais encombrants, soli remarquables, écoute et disponibilité maximums… Difficile de résister, car derrière leur leader, McCoy Tyner, Jimmy Garrisson et Elvin Jones sont parfaits de bout en bout. Impressionnants de drive, de « time » et de justesse (Coltrane jouait-il faux ? Les pourfendeurs du « oui » seront bien gênés à l’écoute de Crescent…), les musiciens transcendent un savoir-faire déjà bien rodé par quelques disques et années de jeu commun. Ecrasé par la beauté de ses ballades (les désormais cultes « Wise One » et « Lonnie’s Lament », encore plus minérales et poignantes que celles issues du magnifique Ballads, Crescent sonne finalement très « plein ». Comme si Coltrane donnait tout ce qu’il peut avant de tordre sa musique de façon plus radicale.
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