SKU : 9500134
FATH (Georges) . Prisonniers dans les glaces .
200,00€Prix
Paris, Librairie d'éducation A. Hatier, [v. 1890], nouvelle édition, in-8 (25 x 16 cm), percaline bleu marine. Premier plat orné d'un décor noir et doré inspiré de la vignette de la page de titre représentant un ours s'approchant d'un corps étendu sur la banquise. Second plat orné d'un encadrement de filets décoratifs noirs, dos orné de fers dorés, tr. dorées (Paul Souze, graveur), (4)-287-(1) pp. (H58)¦Texte et dessins de Georges Fath (1818-1900), romancier et auteur dramatique. Nom de l'éditeur au premier plat : Librairie d'éducation A. Hatier.D'abord sculpteur, il se tourna vers les lettres, écrivit des pièces de théâtre, collabora à l'ouvrage d'Albanès Les Nains célèbres (1846) et conçut des livres pour enfant pour l'éditeur Hetzel, illustrant souvent ses propres ouvrages, et parfois ceux des autres, chez Plon, Ducrocq, De lagrave, Bernardin-Béchet, Hachette, dont, comme auteur-illustrateur chez ce dernier : Le Paris des enfants, petit voyage à travers la grande ville (1869, nombreuses rééd.). Publié à l'origine chez Plon, en 1881, Prisonniers dans les glaces est repris (à une date indéterminée, vers 1900) par Alexandre Hatier, qui a fondé sa librairie d'éducation en 1881. Hatier ayant racheté le tirage à Plon, il ne fait que remplacer la page de titre d'origine par la sienne, et fait modifier à son nom la plaque de couverture par Paul Souze ; Hatier a cependant fait recomposer le texte, qui passe de 314 pp. à 287 pp. L'ouvrage sera réédité régulièrement par Hatier jusqu'aux années 1910, dans un cartonnage au décor identique, mais moins luxueux ou bien dans divers cartonnages passe-partout. C'est un récit conçu à la manière de Jules Verne, qui a si souvent exploré dans ses romans les régions polaires. "L'histoire des contrées boréales, empreintes d'une si mystérieuse horreur et dont le redoutable climat a, depuis des siècles, dévoré tant d'existences illustres, aura longtemps le privilège d'exciter la curiosité des lecteurs de tout âge et des conditions les plus diverses. Les ovations spontanées et enthousiastes faites récemment à M. Nordenskjöld, et à tous les membres de la Véga en ont une fois de plus apporté la preuve. Le nouveau livre de M. Georges Fath, écrit avec l'imagination et la verve qui ont valu de nombreux succès à l'auteur, contient l'odyssée tantôt gaie, tantôt émouvante, toujours attachante et instructive, de trois Parisiens de belle humeur (un médecin, un peintre et un simple homme du monde) qui se sont aventurés dans les régions polaires, sans autre but que de rompre avec l'uniformité relative de la vie parisienne. Un gentilhomme russe, leur ami de collège, leur a fait, à l'issue d'un déjeuner, la proposition originale, et peut-être un peu folle, d'aller sans port d'armes, et tout comme on irait chez un voisin, chasser l'ours blanc dans les âpres solitudes de la Nouvelle-Zemble. Cette partie de plaisir est vite traversée par les incidents les plus dramatiques étrangers à leur programme ; ils se heurtent à mille obstacles, et, surpris enfin par les glaces qui les retiennent prisonniers, ils passent fatalement par toutes les péripéties, toutes les anxiétés d'un long hivernage, lequel ne se termine qu'après la réouverture de la mer." (Revue de géographie commerciale, 1881). Le roman de G. Fath emprunte beaucoup (sur le mode tragi-comique) à l'histoire des explorations polaires, ponctuée d'aventures de ce genre. Encore en 1909-1912, c'es t la mésaventure dramatique survenue, en pleine conquête du Pôle Nord géographique, à l'expédition que Ejnar Mikkelsen, qui fut contraint de passer deux hivernages sur les côtes du Groenland, relate dans Perdus dans l'Arctique (Mame, 1913), pourtant menée par des explorateurs chevronnés, et nullement par des Parisiens en partie de plaisir... Ex-libris de la bibliothèque de Paul-Émile Victor.